Athènes est une ville qui ne ressemble à aucune autre.
On arrive souvent avec l’image d’une capitale poussiéreuse dominée par son rocher sacré, et on repart avec quelque chose de bien plus complexe dans la tête.
Une semaine suffit largement pour saisir l’essentiel de ce que la ville a à offrir, à condition de ne pas vouloir tout faire en courant.
Entre les ruines millénaires qui côtoient les immeubles du XXe siècle, les marchés bruyants du matin et les tables de tavernes qui s’animent le soir, Athènes réserve une expérience de voyage dense, parfois déroutante, mais rarement décevante.
L’été y est chaud, très chaud, avec des températures qui dépassent régulièrement les 35 degrés en juillet et en août.
Mieux vaut le savoir avant de partir et organiser ses journées en conséquence.
S’organiser avant d’arriver à Athènes
La première chose à régler avant de poser les pieds en Grèce, c’est le logement. Le quartier de Monastiraki et celui de Koukaki, situé juste au sud de l’Acropole, sont deux bonnes bases pour visiter la ville à pied. Monastiraki est plus animé, plus central, mais aussi plus bruyant. Koukaki est plus calme, avec une atmosphère de quartier résidentiel qui tranche agréablement avec l’agitation touristique.
Pour les transports, le métro athénien est efficace et couvre bien les principales zones touristiques. La ligne 3 relie directement l’aéroport international Eleftherios-Venizelos au centre-ville en environ 40 minutes. Un ticket simple coûte 9 euros depuis l’aéroport, ou 1,20 euro pour les trajets urbains classiques. Il existe des pass journaliers et hebdomadaires qui peuvent s’avérer économiques selon le rythme de visite.
En été, les musées et sites archéologiques ouvrent tôt, parfois dès 8 heures du matin. C’est le meilleur moment pour y aller, avant que la chaleur et les groupes de touristes ne rendent la visite moins agréable. Prévoir de la crème solaire, une bouteille d’eau et de bonnes chaussures de marche est absolument indispensable.
L’Acropole et ses abords : le cœur historique d’Athènes
Il serait difficile de parler d’Athènes sans commencer par l’Acropole. Ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO domine la ville depuis plus de 2 500 ans et reste l’un des ensembles archéologiques les mieux préservés au monde. Le billet d’entrée combiné, qui donne accès à l’Acropole et à plusieurs autres sites archéologiques de la ville, coûte 30 euros en haute saison. Il est valable cinq jours, ce qui laisse le temps de tout voir sans se précipiter.
Le Parthénon, temple dédié à la déesse Athéna, est évidemment la pièce maîtresse du site. Même partiellement en restauration depuis des décennies, il impose une présence rare. À ses côtés, l’Érechthéion avec ses célèbres Caryatides et le temple d’Athéna Nikè méritent une attention particulière. Prendre le temps de longer les remparts pour profiter des vues sur la ville vaut autant que la visite des temples eux-mêmes.
Juste en dessous de l’Acropole, le théâtre d’Hérode Atticus est un monument remarquable construit au IIe siècle après J.-C. Il accueille encore aujourd’hui des spectacles et des concerts pendant le festival d’Athènes en été. Vérifier la programmation avant le départ peut réserver de belles surprises.
Le musée de l’Acropole
À quelques minutes à pied du site archéologique, le musée de l’Acropole est une visite qui s’impose. Inauguré en 2009, ce bâtiment contemporain conçu par l’architecte Bernard Tschumi abrite des milliers de pièces issues des fouilles du site. Le troisième étage, entièrement vitré et orienté vers le Parthénon, présente les frises et métopes du temple dans leur ordre original. Certaines pièces sont des moulages, les originaux étant toujours conservés au British Museum de Londres, ce qui alimente un débat diplomatique qui dure depuis des décennies.
L’Agora antique et les autres sites archéologiques
L’Agora antique d’Athènes est souvent éclipsée par l’Acropole dans les itinéraires touristiques, ce qui est une erreur. Ce site, qui fut le cœur politique et commercial de la cité grecque antique, est vaste et verdoyant. Le temple d’Héphaïstos, qui le domine, est l’un des temples grecs les mieux conservés qui soient. Le musée installé dans le Stoa d’Attalos, une galerie reconstituée dans les années 1950, présente des objets du quotidien de l’Athènes antique qui donnent une idée très concrète de la vie à cette époque.
Le site archéologique de Kéramikos, l’ancien cimetière de la ville, est quant à lui beaucoup moins fréquenté. C’est pourtant l’un des endroits les plus émouvants d’Athènes, avec ses stèles funéraires et ses sculptures qui témoignent d’une façon de concevoir la mort et le souvenir très différente de la nôtre.
Le Musée national archéologique, situé un peu plus au nord dans le quartier d’Exarcheia, est tout simplement l’un des plus importants musées d’archéologie au monde. La collection mycénienne, avec le masque dit d’Agamemnon découvert par Heinrich Schliemann à Mycènes en 1876, est à elle seule un motif suffisant pour y passer une demi-journée.
Les quartiers à explorer à pied
Au-delà des sites archéologiques, Athènes se découvre aussi en marchant dans ses quartiers. Plaka, le vieux quartier situé au pied de l’Acropole, est le plus touristique mais aussi l’un des plus agréables le matin, quand les rues sont encore calmes. Ses maisons néoclassiques, ses ruelles pavées et ses petites églises byzantines en font un endroit plaisant à parcourir.
Monastiraki et son célèbre marché aux puces tenu le dimanche matin est un autre incontournable. On y trouve de tout, des antiquités aux objets kitsch, en passant par des vinyles, des vêtements vintage et des pièces de monnaie anciennes. L’atmosphère y est celle d’un vrai marché populaire, loin du folklore fabriqué pour les touristes.
Le quartier de Psyrri, juste à côté, s’est transformé ces dernières années en un secteur animé avec des galeries d’art, des bars et des restaurants. Exarcheia, plus au nord, a une réputation de quartier alternatif et politisé. Il abrite aussi des librairies, des cafés tranquilles et une vie de quartier authentique qui contraste avec les zones plus touristiques.
La gastronomie grecque, bien plus qu’une simple salade
La cuisine grecque est souvent réduite à quelques clichés : la moussaka, la salade grecque et le souvlaki. Ce n’est pas faux, mais c’est loin d’être complet. Une semaine à Athènes est une occasion idéale pour découvrir une gastronomie bien plus riche et variée que ce que l’on imagine généralement.
Les incontournables de la table athénienne
Le souvlaki est effectivement omniprésent, et pour cause : c’est l’un des meilleurs repas rapides qui soient. Une brochette de porc ou de poulet grillée, servie dans un pain pita avec des tomates, des oignons, du tzatziki et des frites, pour moins de 3 euros dans les bonnes adresses de Monastiraki. La rue Mitropoleos est réputée pour ses stands de souvlaki fréquentés par les Athéniens eux-mêmes, ce qui est toujours bon signe.
Les mezze sont une autre façon de manger à la grecque. Il s’agit de petits plats partagés, servis en entrée ou en repas complet dans les mezedopolia, les restaurants spécialisés dans ce type de cuisine. On y trouve des dolmades (feuilles de vigne farcies), des taramosalata (crème à base d’œufs de poisson), des gigantes plaki (haricots blancs cuits au four avec des tomates et de l’huile d’olive) et des loukoumades servis parfois en dessert, ces petits beignets frits arrosés de miel et saupoudrés de cannelle.
Le marché central d’Athènes, connu sous le nom de Varvakios Agora, est un passage obligé pour qui s’intéresse à la nourriture. Ouvert du lundi au samedi, ce marché couvert regroupe des étals de viande, de poisson, d’olives, de fromages et d’épices. L’atmosphère y est intense, les odeurs puissantes, et les prix bien inférieurs à ceux des restaurants touristiques. Les fromages grecs méritent une attention particulière : au-delà de la feta, il existe des dizaines de variétés régionales comme le graviera de Crète ou le manouri, un fromage frais doux produit en Macédoine et en Thessalie.
Où manger à Athènes sans se tromper
La règle la plus simple pour bien manger à Athènes est d’éviter les restaurants dont les menus sont affichés en cinq langues avec des photos. Les bonnes adresses sont généralement celles où les Grecs mangent entre eux. Le quartier de Koukaki et les ruelles autour de la place Varnava dans le quartier de Pagrati regorgent de tavernes familiales où la cuisine est honnête et les prix raisonnables.
Le vin grec mérite qu’on s’y attarde. La retsina, ce vin blanc résiné au goût très particulier, est une spécialité athénienne que l’on aime ou que l’on déteste. Mais la Grèce produit aussi des vins de qualité à partir de cépages autochtones comme l’assyrtiko de Santorin ou le xinomavro de Macédoine, que l’on trouve facilement dans les caves et les restaurants de la capitale.
Quelques escapades depuis Athènes
Avec une semaine sur place, il est tout à fait possible de s’offrir une ou deux excursions en dehors de la ville. Le site archéologique de Delphes, à environ deux heures et demie de route, est l’un des plus beaux de toute la Grèce. Le cap Sounion et son temple de Poséidon, à une heure au sud d’Athènes, offre l’un des plus beaux couchers de soleil du pays. L’île d’Égine, accessible en 40 minutes de ferry depuis le port du Pirée, permet de combiner une journée de mer avec la visite du temple d’Aphaia, un monument dorique du Ve siècle avant J.-C. remarquablement bien conservé.
Athènes en pratique : quelques repères utiles
- Meilleure période pour visiter : mai-juin ou septembre-octobre pour éviter les pics de chaleur de juillet-août
- Monnaie : euro
- Langue : grec, mais l’anglais est largement parlé dans les zones touristiques
- Budget moyen par jour : entre 60 et 100 euros par personne en incluant hébergement, repas et entrées des sites
- Pourboires : non obligatoires mais appréciés, généralement 5 à 10 % dans les restaurants
- Eau du robinet : potable à Athènes, contrairement à certaines îles grecques
Une semaine à Athènes ne suffit pas à épuiser ce que la ville a à montrer, mais elle suffit amplement à comprendre pourquoi tant de voyageurs y reviennent. La ville a cette capacité rare de mêler le poids de l’histoire à une légèreté de vivre qui se ressent dans chaque repas partagé en terrasse, dans chaque verre de vin bu à la tombée de la nuit avec vue sur l’Acropole illuminée.



