La Jordanie fait partie de ces destinations qui méritent bien plus qu’un simple détour.
Entre ses déserts de sable rouge, ses cités antiques taillées dans la roche et ses eaux salées de la mer Morte, ce petit royaume hachémite concentre une densité de sites exceptionnels sur un territoire relativement modeste.
Le problème, c’est que les mois d’été transforment certains endroits en véritables fournaises, avec des températures qui dépassent régulièrement les 40°C dans le désert du Wadi Rum. Octobre change complètement la donne.
Les chaleurs s’estompent, les groupes de touristes se raréfient, et le pays retrouve une atmosphère plus authentique, plus accessible aussi.
C’est précisément à cette période de l’année que la Jordanie révèle ce qu’elle a de meilleur à offrir.
Un climat en octobre qui transforme l’expérience de voyage
En octobre, les températures en Jordanie deviennent enfin supportables pour qui veut vraiment explorer le pays à pied, sans se contenter de sauter d’un air conditionné à un autre. À Pétra, les moyennes oscillent entre 15°C la nuit et 25°C en journée. C’est exactement ce qu’il faut pour parcourir les 8 à 12 kilomètres que nécessite une visite sérieuse du site. À Amman, la capitale, les journées restent agréables avec des températures autour de 22°C à 24°C. Seul le Wadi Rum conserve encore quelques journées chaudes en début de mois, mais rien de comparable avec l’été.
Les pluies restent rares en octobre, même si quelques averses peuvent survenir en fin de mois, surtout dans le nord du pays autour d’Ajloun et de Jerash. Ces précipitations ponctuelles ne gâchent pas les séjours et ont même l’avantage de rendre les paysages plus verts et plus vivants après la sécheresse estivale.
Pétra, la cité rose, enfin accessible dans de bonnes conditions
Visiter Pétra en juillet ou en août relève presque de l’épreuve physique. Le soleil tape fort dans le Siq, ce couloir rocheux de 1,2 kilomètre qui mène au célèbre Trésor (Al-Khazneh), et la chaleur accumulée dans les parois de grès rose rend la progression pénible. En octobre, tout cela disparaît. Le Siq se parcourt avec plaisir, les couleurs de la roche changent au fil des heures, et il devient possible de rester sur le site plusieurs heures sans souffrir.
Ce que beaucoup de visiteurs ignorent, c’est que Pétra est bien plus grande que la seule façade du Trésor que l’on voit sur toutes les photos. Le site archéologique s’étend sur environ 264 km² et comprend des centaines de tombeaux, des temples, un théâtre romain, et le Monastère (Ad-Deir), perché à 850 marches au-dessus du niveau du site principal. Cette montée vers le Monastère, souvent négligée par les touristes pressés, offre en octobre un panorama à couper le souffle sur les montagnes d’Édom.
- Prévoir au minimum deux jours complets pour visiter Pétra sérieusement
- Partir tôt le matin pour profiter de la lumière rasante dans le Siq
- Ne pas manquer Pétra by Night, organisé les lundis, mercredis et jeudis
- Emporter de l’eau en quantité suffisante même en octobre
Le désert du Wadi Rum, entre silence et étoiles
Le Wadi Rum est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011, à la fois pour ses paysages et pour les traces humaines qui y remontent à plusieurs millénaires. Ce désert de granite et de grès rouge, situé dans le sud du pays à une quarantaine de kilomètres d’Aqaba, ressemble à une autre planète. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plusieurs films de science-fiction y ont été tournés, dont The Martian de Ridley Scott et plusieurs séquences de la saga Star Wars.
En octobre, les nuits dans le désert deviennent fraîches sans être glaciales, ce qui rend le camping sous les étoiles particulièrement agréable. Les nuits du Wadi Rum comptent parmi les plus belles pour l’observation astronomique dans toute la région. L’absence de pollution lumineuse et la clarté du ciel en automne offrent des conditions exceptionnelles. Dormir dans un camp bédouin, même dans une version un peu modernisée pour les touristes, reste une expérience qui marque durablement.
Les excursions en 4×4 permettent d’atteindre des sites naturels remarquables comme le pont naturel de Burdah, les inscriptions nabatéennes gravées dans la roche, ou les dunes de sable rouge que l’on peut escalader à la tombée du jour pour admirer le coucher de soleil.
La mer Morte, une expérience unique à vivre absolument
La mer Morte se trouve à la frontière entre la Jordanie et Israël, à environ 430 mètres en dessous du niveau de la mer. C’est le point le plus bas de la surface terrestre. Sa concentration en sel, qui atteint environ 34%, rend la flottaison automatique et l’immersion impossible. On ne nage pas dans la mer Morte, on y flotte, qu’on le veuille ou non.
En octobre, la température de l’eau reste agréable, autour de 27°C à 28°C, et l’air s’est rafraîchi par rapport aux mois d’été où il devient difficile de rester au soleil plus de quelques minutes. La boue noire riche en minéraux que l’on trouve sur les rives est utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés supposées sur la peau. Que l’on soit convaincu ou non par les vertus thérapeutiques, l’expérience de s’en enduire le corps avant de se rincer dans les eaux salées fait partie du rituel incontournable.
Il faut savoir que le niveau de la mer Morte baisse d’environ un mètre par an depuis plusieurs décennies, ce qui rend sa visite d’autant plus urgente. Les plages accessibles depuis la rive jordanienne se situent principalement autour de la ville de Sweimeh.
Jerash, la Rome du Proche-Orient
Jerash est sans doute le site de cité romaine le mieux conservé du monde après Rome elle-même. Cette ancienne ville de la Décapole, à 48 kilomètres au nord d’Amman, a été fondée au IVe siècle avant notre ère et a connu son apogée sous l’Empire romain entre le Ier et le IIIe siècle. Ce qui frappe en arrivant sur le site, c’est l’état de conservation des monuments : les colonnes du temple d’Artémis sont toujours debout, le forum ovale est intact, et les deux théâtres peuvent encore accueillir des spectacles.
En octobre, la visite de Jerash se fait dans des conditions idéales. La chaleur ne pose plus de problème, et les groupes de touristes sont moins nombreux qu’au printemps. Prévoir entre trois et quatre heures pour parcourir l’ensemble du site sans se presser.
Amman, une capitale entre modernité et tradition
Amman est une ville qui surprend souvent les voyageurs qui s’attendaient à une capitale moyen-orientale plus uniforme. Construite sur sept collines à l’origine, la ville s’est étalée sur une vingtaine de collines aujourd’hui. Le quartier de Jabal Al-Weibdeh et celui de Rainbow Street à Jabal Amman concentrent cafés branchés, galeries d’art et restaurants qui servent aussi bien la cuisine jordanienne traditionnelle que des influences venues du monde entier.
La Citadelle d’Amman, qui domine la ville depuis la colline de Jabal al-Qal’a, abrite des vestiges qui couvrent plusieurs millénaires d’histoire, du bronze ancien jusqu’à la période islamique en passant par les époques hellénistique, romaine et byzantine. Le Musée archéologique de Jordanie qui s’y trouve présente notamment les Statues d’Ain Ghazal, des figures humaines datant d’environ 7000 ans avant notre ère, parmi les plus anciennes statues humaines jamais découvertes.
La cuisine jordanienne, un patrimoine à part entière
Voyager en Jordanie sans s’intéresser à sa cuisine serait passer à côté d’une dimension essentielle du pays. Le mansaf, plat national jordanien, est un agneau cuit dans une sauce au yaourt fermenté appelé jameed, servi sur du riz et du pain fin. C’est un plat de fête, souvent préparé pour les grandes occasions, mais que l’on trouve dans de nombreux restaurants traditionnels.
Le petit-déjeuner jordanien mérite lui aussi une attention particulière. Le foul (fèves mijotées à l’huile d’olive), le hummus maison, les olives marinées, le fromage blanc et le pain khobz tout juste sorti du four composent des matins qui donnent envie de rester à table.
- Le souk de Wadi Saqra à Amman pour acheter épices et produits locaux
- Les restaurants de Rainbow Street pour goûter une cuisine jordanienne modernisée
- Les camps bédouins du Wadi Rum pour un dîner traditionnel sous les étoiles
- Le marché de Pétra pour les confitures de figues et les huiles aromatiques
Conseils pratiques pour organiser son voyage en octobre
La Jordan Pass est un pass touristique qui combine le visa d’entrée en Jordanie et l’accès à plus de 40 sites touristiques dont Pétra et Jerash. Son prix varie selon le nombre de jours souhaités à Pétra. Pour la plupart des voyageurs, il représente une économie réelle par rapport à l’achat séparé des entrées.
| Site | Durée recommandée | Distance depuis Amman |
|---|---|---|
| Pétra | 2 jours minimum | 240 km au sud |
| Wadi Rum | 1 à 2 nuits | 320 km au sud |
| Mer Morte | 1 journée | 55 km à l’ouest |
| Jerash | 3 à 4 heures | 48 km au nord |
| Aqaba | 1 à 2 jours | 335 km au sud |
La location d’une voiture reste la solution la plus pratique pour visiter le pays à son rythme, même si les transports en commun existent entre les grandes villes. Les routes jordaniennes sont globalement en bon état et la signalisation est bilingue arabe-anglais. Octobre étant une période de transition, réserver les hébergements à Pétra et dans le Wadi Rum quelques semaines à l’avance reste conseillé, même si la pression touristique est moindre qu’au printemps.
La Jordanie est considérée comme l’un des pays les plus sûrs du Proche-Orient pour les voyageurs étrangers. Le pays accueille des millions de touristes chaque année et l’hospitalité jordanienne, que les locaux appellent karam, n’est pas un cliché. Se perdre dans une médina, accepter un thé à la menthe offert par un commerçant, ou engager la conversation avec des habitants curieux de connaître votre pays d’origine font partie des moments qui restent longtemps en mémoire après le retour.



