Marbella, c’est un nom qui fait surgir des images assez précises dans la tête de la plupart des gens : yachts, boutiques de luxe, terrasses bondées en été.
Cette réputation n’est pas totalement fausse, mais elle ne raconte qu’une petite partie de l’histoire.
La ville et ses environs recèlent une quantité de choses à voir et à vivre qui n’ont rien à voir avec le clinquant qu’on lui prête souvent.
Entre les ruelles blanches du vieux quartier, les criques encore tranquilles et les villages de montagne perchés à quelques kilomètres de la côte, il y a de quoi passer plusieurs jours sans jamais s’ennuyer, et sans forcément vider son compte en banque.
Marbella : ce que la ville réserve au-delà de Puerto Banús
Le casco antiguo, le vrai cœur de Marbella
Beaucoup de visiteurs passent à côté du casco antiguo, l’ancien quartier historique de Marbella, attirés qu’ils sont par le front de mer ou par Puerto Banús. C’est une erreur. Ce quartier, situé juste derrière le boulevard principal, est l’un des mieux conservés de toute la Costa del Sol. Les maisons blanches aux façades ornées de pots de géraniums rouges, les ruelles pavées trop étroites pour les voitures, les petites places ombragées où des retraités jouent aux cartes en fin d’après-midi : tout cela existe bel et bien, à dix minutes à pied des hôtels de bord de mer.
La Plaza de los Naranjos, littéralement la place des orangers, est le point central de ce vieux quartier. Elle date du XVe siècle et elle a conservé une atmosphère authentique malgré les terrasses de café qui l’entourent. L’Hôtel de Ville, la Ermita de Santiago et la Casa del Corregidor bordent cette place et témoignent d’une histoire que la ville n’a pas cherché à effacer, même quand le tourisme de masse a tout envahi autour.
Puerto Banús, à voir au moins une fois
Puerto Banús mérite quand même une visite, ne serait-ce que pour comprendre pourquoi cet endroit est devenu un symbole. Ce port de plaisance inauguré en 1970 par Francisco Franco lui-même a été conçu dès le départ comme un espace de luxe méditerranéen. Aujourd’hui, les superyachts côtoient les boutiques Gucci, Versace et Hermès, et les voitures de sport défilent sur le front de mer en soirée comme si c’était un sport national. On peut s’y promener sans rien acheter, prendre un café en terrasse et observer le spectacle. C’est une expérience en soi.
Le musée du Grabado Español Contemporáneo
Moins connu que les plages ou les boutiques, le Museo del Grabado Español Contemporáneo installé dans un bâtiment du XVIe siècle dans le vieux quartier mérite un détour. Il présente des œuvres de Picasso, Miró et Dalí, entre autres, sous forme de gravures et d’estampes. L’entrée est modeste et les salles sont rarement bondées. C’est l’un de ces endroits où on peut souffler un peu.
Les plages de Marbella et ses environs : entre animation et tranquillité
Les plages urbaines de Marbella
Le littoral de Marbella s’étend sur environ 27 kilomètres. Les plages les plus proches du centre-ville, comme la Playa de la Venus ou la Playa de Nagüeles, sont bien équipées, avec des douches, des transats à louer et des chiringuitos qui servent des grillades et des sangrias toute la journée. En juillet et en août, elles sont très fréquentées. En mai, en juin ou en septembre, l’ambiance est bien plus agréable et la mer reste chaude.
La Playa de la Fontanilla et le Paseo Marítimo
La Playa de la Fontanilla est souvent citée comme l’une des meilleures plages du centre de Marbella. Elle est longue, bien entretenue et reliée au Paseo Marítimo, la promenade qui longe le bord de mer sur plusieurs kilomètres. Cette promenade est idéale le matin tôt, quand les joggeurs et les cyclistes sont encore peu nombreux et que la lumière sur la mer est particulièrement belle.
Vers l’est : des plages plus sauvages
En s’éloignant vers l’est de Marbella, en direction de Cabopino et de Artola, le paysage change. Les dunes d’Artola, classées monument naturel, forment un écrin de végétation derrière une plage peu fréquentée hors saison. La pinède qui borde le sable donne à l’endroit un caractère presque sauvage, assez rare sur ce tronçon de la Costa del Sol. Le port de plaisance de Cabopino, plus petit et plus discret que Puerto Banús, est un bon point de départ pour une promenade à pied jusqu’à ces dunes.
Vers l’ouest : Estepona et ses environs
En partant vers l’ouest, on atteint rapidement Estepona, une ville qui a su préserver son centre historique tout en développant son front de mer. Ses plages, comme la Playa del Cristo ou la Playa de la Rada, sont moins connues que celles de Marbella et souvent moins chargées. La ville elle-même vaut le détour pour ses ruelles fleuries et son marché couvert.
L’arrière-pays : les pueblos blancos, la montagne et les saveurs locales
Ojén, le village à 8 kilomètres de la plage
À seulement 8 kilomètres de Marbella par une route qui monte rapidement dans la Sierra Blanca, le village d’Ojén semble appartenir à un autre monde. Ses maisons blanches accrochées à la montagne, ses fontaines, ses ruelles en pente et son église du XVIe siècle forment un tableau que le tourisme de masse n’a pas encore abîmé. Le village est connu pour avoir produit pendant longtemps un aguardiente, une eau-de-vie locale, dont la recette se perd un peu dans le temps. Aujourd’hui, c’est surtout un point de départ pour des randonnées dans le parc naturel de la Sierra de las Nieves.
La Sierra de las Nieves, patrimoine mondial de l’UNESCO
Le Parc National de la Sierra de las Nieves a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2021. Ce massif montagneux qui culmine à plus de 1800 mètres avec le Torrecilla est à moins d’une heure de route de Marbella. On y trouve des forêts de pinsapos, des sapins endémiques à cette région d’Andalousie, des sentiers balisés pour toutes les conditions physiques et une faune qui comprend des aigles royaux, des cerfs et des chèvres sauvages. C’est un contraste saisissant avec la côte, et beaucoup de visiteurs ignorent totalement que cet espace naturel exceptionnel existe à si courte distance.
Ronda, l’incontournable à une heure de route
Ronda est souvent présentée comme l’une des plus belles villes d’Andalousie, et cette réputation est méritée. Perchée sur un plateau rocheux découpé par les gorges du Tajo, la ville est reliée à Marbella par une route de montagne qui traverse des paysages de toute beauté. Le Puente Nuevo, le pont construit au XVIIIe siècle qui enjambe les gorges à 120 mètres de hauteur, est l’image la plus photographiée de la ville. Mais Ronda, c’est aussi l’une des plus vieilles arènes de corrida d’Espagne, construite en 1785, un vieux quartier arabe, des palais et une gastronomie solide basée sur les produits de la montagne.
Casares, le village suspendu dans le ciel
Casares est l’un de ces villages qui font l’effet d’une apparition quand on les découvre pour la première fois. Accroché à flanc de rocher à environ 45 minutes de Marbella, il domine une vallée verdoyante et offre un panorama qui s’étend parfois jusqu’au détroit de Gibraltar par temps clair. Le village est le lieu de naissance de Blas Infante, considéré comme le père de la nation andalouse, et une plaque le rappelle sur la façade de sa maison natale. Les ruelles sont raides, les maisons sont blanches, et l’endroit reste très peu fréquenté comparé à d’autres villages de la région.
Manger et boire à Marbella et dans l’arrière-pays
Les produits de la mer sur la côte
La cuisine de la côte autour de Marbella repose largement sur les poissons et fruits de mer. Les espetos, ces sardines grillées sur des broches en bambou plantées dans le sable devant un feu de bois, sont une institution locale. Les meilleurs chiringuitos les préparent encore de cette manière traditionnelle. La fritura malagueña, une friture de petits poissons variés, est une autre spécialité incontournable. Le poisson est généralement frais et la qualité est souvent au rendez-vous dans les établissements qui s’adressent aux habitants plutôt qu’aux touristes.
Les saveurs de la montagne
Dans l’arrière-pays, les assiettes changent radicalement. On mange du chivo, du cabri grillé, du gibier en saison, des soupes épaisses et des migas, ces miettes de pain frites avec de l’ail et du chorizo qui réchauffent après une randonnée. Les vins de la région de Ronda ont gagné en qualité ces dernières années et plusieurs domaines reçoivent des visiteurs pour des dégustations. L’altitude et le climat de la montagne donnent aux raisins des caractéristiques assez différentes de celles des vins produits sur la côte.
Quelques conseils pratiques pour organiser son séjour
- La meilleure période pour visiter Marbella et son arrière-pays est le printemps (avril-juin) ou le début de l’automne (septembre-octobre). La chaleur est supportable, les plages sont moins bondées et les prix de l’hébergement sont plus raisonnables.
- Une voiture de location est presque indispensable pour explorer l’arrière-pays. Les transports en commun existent mais ils sont peu fréquents vers les villages de montagne.
- Pour les randonnées dans la Sierra de las Nieves, il est conseillé de se renseigner sur les conditions des sentiers auprès du centre d’accueil du parc, notamment en hiver où certains passages peuvent être enneigés.
- L’hébergement à Marbella centre ou dans le vieux quartier permet de se déplacer à pied pour la plupart des visites urbaines et d’éviter les problèmes de stationnement en haute saison.
- Les marchés locaux des villages de l’arrière-pays, souvent le dimanche matin, sont une bonne occasion d’acheter des produits régionaux comme des fromages de chèvre, du miel de montagne ou de la charcuterie andalouse.
Marbella et ses environs forment un territoire bien plus varié que ce que la réputation de la ville laisse entendre. Entre la mer et la montagne, entre les villages blancs figés dans le temps et les plages animées du bord de mer, il y a de quoi construire un séjour qui ressemble vraiment à quelque chose, loin des clichés habituels sur la Costa del Sol.



