Chaque année, c’est le même scénario.

    La voiture est chargée, les enfants sont installés, et à peine quelques kilomètres plus loin, la nausée s’installe.

    Le mal de transport gâche les départs en vacances de millions de personnes en France, qu’elles soient au volant ou passagères, adultes ou enfants. Pourtant, ce n’est pas une fatalité.

    Entre les bonnes habitudes à prendre avant de partir, les remèdes naturels qui ont fait leurs preuves et les traitements médicamenteux disponibles en pharmacie, il existe des solutions concrètes pour traverser les kilomètres sans souffrir.

    Voici ce qu’il faut vraiment savoir avant de prendre la route cet été.

    Comprendre pourquoi le mal de transport survient

    Avant de chercher des solutions, il est utile de comprendre ce qui se passe dans le corps. Le mal des transports, appelé aussi cinétose, est provoqué par un conflit sensoriel. Le cerveau reçoit des informations contradictoires : les yeux voient un habitacle immobile, tandis que l’oreille interne perçoit les mouvements du véhicule. Ce décalage perturbe le système vestibulaire, responsable de l’équilibre, et déclenche une série de symptômes bien connus.

    Ces symptômes incluent :

    • Des nausées, parfois suivies de vomissements
    • Des maux de tête
    • Une pâleur et des sueurs froides
    • Une sensation de malaise général et de fatigue
    • Des vertiges

    Les enfants entre 2 et 12 ans sont les plus touchés, mais les adultes ne sont pas épargnés. Certaines personnes sont génétiquement plus sensibles à ce phénomène que d’autres, et le stress ou la fatigue peuvent aggraver les symptômes.

    Les erreurs à éviter avant et pendant le trajet

    Beaucoup de personnes qui souffrent du mal de transport commettent sans le savoir des erreurs qui aggravent leur état. En corriger quelques-unes suffit parfois à changer radicalement l’expérience du voyage.

    Manger trop ou trop gras avant de partir

    Un repas copieux juste avant de monter en voiture est une mauvaise idée. L’estomac plein et les odeurs de nourriture lourde sont des facteurs déclenchants bien identifiés. Il vaut mieux opter pour un repas léger deux à trois heures avant le départ, en évitant les fritures, les plats en sauce et les aliments très sucrés.

    Lire ou regarder un écran en route

    C’est l’une des causes les plus fréquentes de mal de transport, surtout chez les enfants. Lire un livre, regarder une tablette ou jouer à un jeu vidéo intensifie le conflit sensoriel dont le cerveau est déjà victime. Les yeux fixent un point immobile tandis que le corps ressent les mouvements. Le résultat ne tarde généralement pas.

    S’asseoir dos à la route ou en position inconfortable

    La position dans le véhicule joue un rôle important. S’asseoir dos au sens de la marche, comme dans certains trains ou certaines configurations de voiture, aggrave les symptômes. De même, une position avachie ou la tête penchée sur le côté perturbe davantage le système vestibulaire.

    Les bonnes pratiques pour prévenir la cinétose

    Choisir la bonne place

    En voiture, la place du passager avant est la moins problématique. Elle permet de regarder la route et d’anticiper les virages, ce qui réduit le décalage entre ce que les yeux voient et ce que le corps ressent. En bateau, il vaut mieux rester sur le pont et fixer l’horizon. En avion, les sièges situés au-dessus des ailes sont les plus stables.

    Regarder l’horizon ou le paysage qui défile

    Fixer un point fixe et lointain aide le cerveau à réconcilier les informations contradictoires qu’il reçoit. En voiture, regarder droit devant ou observer le paysage à travers la vitre latérale est bien plus efficace que de garder les yeux fermés, contrairement à ce que beaucoup pensent. Fermer les yeux peut parfois aggraver les nausées.

    Aérer l’habitacle

    La chaleur, les odeurs de carburant, de parfum ou de nourriture dans un espace confiné sont des facteurs aggravants. Ouvrir les fenêtres ou mettre la climatisation permet de renouveler l’air et de limiter ces déclencheurs olfactifs. Une température fraîche dans l’habitacle contribue aussi à réduire la sensation de malaise.

    Faire des pauses régulières

    Sur les longs trajets, s’arrêter toutes les deux heures environ permet de sortir du véhicule, de marcher quelques minutes et de laisser le système vestibulaire se recalibrer. Ces pauses profitent à tout le monde, et particulièrement aux personnes sensibles à la cinétose. Elles permettent aussi de s’hydrater correctement, ce qui est souvent négligé.

    Partir tôt le matin ou de nuit

    Voyager quand les passagers sont susceptibles de dormir est une stratégie efficace, notamment avec des enfants. Pendant le sommeil, les stimulations visuelles sont nulles, ce qui supprime en grande partie le conflit sensoriel. Les départs à l’aube ou en soirée sont souvent ceux que les familles retiennent pour cette raison.

    Les remèdes naturels qui ont fait leurs preuves

    Le gingembre

    Le gingembre est l’un des remèdes naturels les mieux documentés contre les nausées. Plusieurs études ont montré son efficacité pour réduire les symptômes du mal de transport, notamment chez la femme enceinte et les personnes sensibles aux médicaments. Il peut être consommé sous forme de tisane, de gélules ou de bonbons au gingembre à croquer pendant le trajet. Une dose de 500 mg à 1 g environ trente minutes avant le départ est généralement recommandée.

    L’acupression avec les bracelets Sea-Band

    Les bracelets d’acupression, dont la marque Sea-Band est la plus connue, exercent une pression sur le point P6, situé à l’intérieur du poignet. Ce point, utilisé en médecine traditionnelle chinoise, est associé à la réduction des nausées. Bien que les preuves scientifiques restent modérées, beaucoup d’utilisateurs, adultes comme enfants, rapportent un soulagement réel. L’avantage est qu’ils sont sans effet secondaire et réutilisables.

    La menthe poivrée

    L’odeur de la menthe poivrée est connue pour avoir un effet apaisant sur les nausées. Quelques gouttes d’huile essentielle de menthe sur un mouchoir à respirer pendant le trajet, ou une infusion bue avant le départ, peuvent aider à atténuer les symptômes. Elle est à utiliser avec précaution chez les jeunes enfants et les femmes enceintes.

    Les médicaments disponibles sans ordonnance

    Quand les méthodes naturelles ne suffisent pas, il existe des traitements médicamenteux efficaces disponibles en pharmacie sans ordonnance.

    Les antihistaminiques

    Des médicaments à base de diménhydrinate (comme Mercalm ou Nausicalm) ou de méclozine sont couramment utilisés contre le mal des transports. Ils agissent sur le système nerveux central pour réduire les signaux responsables des nausées. Leur principal inconvénient est la somnolence qu’ils peuvent provoquer, ce qui peut néanmoins être un avantage pour les enfants sur de longs trajets. Ils doivent être pris environ une heure avant le départ.

    Le Scopoderm

    Le Scopoderm est un patch à base de scopolamine qui se colle derrière l’oreille. Il est réservé aux adultes et délivré sur prescription médicale dans certains cas. Son action dure plusieurs heures, ce qui en fait une option intéressante pour les très longs trajets en bateau ou en avion. Il nécessite d’être posé plusieurs heures avant le départ pour être pleinement efficace.

    L’homéopathie

    Des préparations homéopathiques comme Cocculine sont très utilisées en France pour prévenir le mal des transports. Si leur efficacité au-delà de l’effet placebo reste débattue dans la communauté scientifique, elles sont sans danger, sans effet secondaire, et certaines personnes en tirent un bénéfice réel. Elles peuvent constituer une première approche, surtout chez les enfants.

    Les cas particuliers : enfants, femmes enceintes et personnes âgées

    Tous les voyageurs ne sont pas égaux face au mal de transport, et certains profils méritent une attention particulière.

    • Les enfants : avant 2 ans, le mal de transport est rare car le système vestibulaire n’est pas encore pleinement développé. Entre 2 et 12 ans, la sensibilité est maximale. Les antihistaminiques existent en version pédiatrique, mais l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est recommandé avant utilisation.
    • Les femmes enceintes : beaucoup de médicaments sont contre-indiqués pendant la grossesse. Le gingembre et les bracelets d’acupression restent les options les plus sûres. En cas de doute, consulter un médecin avant le départ.
    • Les personnes âgées : elles peuvent être plus sensibles aux effets sédatifs des antihistaminiques. Les doses doivent être adaptées et l’avis d’un professionnel de santé est conseillé.

    Et si rien ne fonctionne ?

    Pour les personnes dont le mal de transport est sévère et récurrent, une consultation médicale s’impose. Des thérapies de désensibilisation existent, notamment des exercices de rééducation vestibulaire qui permettent au cerveau d’apprendre progressivement à mieux gérer les conflits sensoriels. Ces programmes, suivis avec un kinésithérapeute spécialisé ou un médecin ORL, donnent de bons résultats sur le long terme chez les personnes les plus affectées.

    Le mal de transport ne devrait pas être une raison de renoncer aux voyages. Avec les bonnes habitudes, les bons réflexes et, si nécessaire, un traitement adapté, la route des vacances peut redevenir ce qu’elle est censée être : le début de l’aventure, pas une épreuve à surmonter.

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    mm

    J'aime capturer la beauté du monde à travers mon objectif. Mes photos parlent d’elles-mêmes, immortalisant les moments uniques de mes voyages. Amateur de paysages époustouflants et d’instants authentiques, je sais transmettre l’émotion de chaque endroit visité.