Prendre l’avion après 60 ans, c’est tout à fait possible, et des millions de retraités le font chaque année pour découvrir des destinations lointaines.

    Mais rester assis pendant 10, 12 ou même 15 heures dans un siège d’avion, c’est une épreuve physique que le corps ressent différemment avec l’âge.

    La circulation sanguine ralentit, les articulations se raidissent, la fatigue s’installe plus vite.

    Ce n’est pas une raison pour renoncer à ses rêves de voyage, c’est simplement une invitation à mieux se préparer.

    Ces quelques conseils pratiques, issus de recommandations médicales sérieuses et de l’expérience de voyageurs aguerris, peuvent faire toute la différence entre un vol épuisant et un voyage qui commence bien.

    1. Consulter son médecin avant de réserver

    Ce conseil peut sembler évident, mais beaucoup de voyageurs seniors font l’impasse sur cette étape. Pourtant, certaines pathologies courantes chez les personnes âgées peuvent se compliquer en altitude ou lors de vols prolongés. Les problèmes cardiaques, les antécédents de phlébite ou de thrombose veineuse profonde, les troubles respiratoires chroniques comme la BPCO ou encore les problèmes de tension artérielle méritent une attention particulière avant tout vol long-courrier.

    Un médecin pourra évaluer si vous avez besoin d’une ordonnance pour des bas de contention, d’un traitement anticoagulant préventif ou d’un certificat médical pour transporter certains médicaments en cabine. Il pourra vous conseiller sur la gestion du décalage horaire si vous prenez des médicaments à horaires fixes, comme l’insuline pour les diabétiques.

    Pour les voyageurs porteurs d’un stimulateur cardiaque ou d’une prothèse métallique, il est conseillé de se munir d’un certificat médical pour faciliter le passage aux contrôles de sécurité des aéroports.

    2. Choisir son siège avec soin

    Le choix du siège est loin d’être un détail anodin sur un vol de longue durée. Pour un voyageur senior, un siège côté couloir est généralement recommandé. Il permet de se lever facilement, de marcher dans l’allée sans déranger ses voisins et de se rendre aux toilettes sans acrobaties. Ce dernier point prend toute son importance quand on sait que l’hydratation doit être maintenue tout au long du vol.

    Les sièges situés en sortie de secours offrent davantage d’espace pour les jambes, mais ils imposent des contraintes physiques spécifiques : il faut être capable d’ouvrir la porte de secours en cas d’urgence. Les compagnies aériennes peuvent refuser ces sièges aux passagers qui ne remplissent pas ces critères.

    Les rangées situées à l’avant de la classe économique, appelées sièges bulkhead, offrent aussi plus d’espace devant soi. À noter que sur certaines compagnies, il est possible de réserver ces sièges préférentiels moyennant un supplément tarifaire, parfois remboursé si vous disposez d’une carte de fidélité avec un statut élevé.

    3. S’habiller de façon adaptée pour le vol

    La température en cabine varie souvent de façon imprévisible. Certains avions sont très froids, d’autres beaucoup trop chauds. La solution la plus simple reste de s’habiller en plusieurs couches superposées, faciles à enlever ou à remettre selon les besoins.

    Côté chaussures, il est fortement conseillé de les retirer pendant le vol, car les pieds ont naturellement tendance à gonfler lors des vols longue distance. Prévoyez une paire de chaussettes épaisses antidérapantes pour vous déplacer dans l’allée en toute sécurité. Évitez les vêtements trop serrés à la taille ou aux chevilles, qui peuvent gêner la circulation sanguine.

    Les bas de contention de classe 2, disponibles en pharmacie sur ordonnance, sont particulièrement recommandés pour les seniors sur les vols de plus de 4 heures. Ils exercent une pression graduée sur les jambes et favorisent le retour veineux, réduisant ainsi le risque de formation de caillots sanguins.

    4. Bouger régulièrement pendant le vol

    Rester assis sans bouger pendant des heures augmente significativement le risque de thrombose veineuse profonde, communément appelée syndrome de la classe économique. Ce risque est plus élevé chez les personnes âgées, dont la circulation sanguine est naturellement moins efficace.

    La règle d’or est simple : se lever et marcher dans l’allée au moins une fois par heure. En dehors de ces déplacements, des exercices simples peuvent être pratiqués depuis son siège :

    • Fléchir et étendre les pieds vers le haut et vers le bas, en contractant les mollets
    • Faire des rotations des chevilles dans les deux sens
    • Contracter et relâcher les muscles des cuisses
    • Hausser les épaules et les faire rouler vers l’arrière pour soulager les tensions cervicales
    • Se lever pour s’étirer dans l’allée dès que les conditions de vol le permettent

    Certaines compagnies aériennes, comme Air France ou Singapore Airlines, proposent des programmes d’exercices en cabine accessibles via les écrans de divertissement individuels. Une ressource utile à ne pas négliger.

    5. Bien s’hydrater et surveiller son alimentation

    L’air en cabine est extrêmement sec, avec un taux d’humidité qui tourne souvent autour de 10 à 20 %, bien en dessous du seuil de confort habituel qui se situe entre 40 et 60 %. Cette sécheresse de l’air accélère la déshydratation, ce qui peut aggraver la fatigue, provoquer des maux de tête et épaissir le sang, augmentant ainsi le risque de formation de caillots.

    La règle généralement admise est de boire environ 250 ml d’eau par heure de vol. L’alcool et la caféine sont à limiter, car ils ont un effet diurétique qui aggrave la déshydratation. Les boissons gazeuses peuvent provoquer des ballonnements inconfortables en altitude, en raison de la dilatation des gaz dans le tube digestif.

    Concernant les repas servis à bord, les plats riches en sel ou en graisses peuvent favoriser la rétention d’eau et alourdir la digestion. Si vous avez des besoins alimentaires spécifiques liés à un régime médical, la plupart des grandes compagnies proposent des repas spéciaux à commander à l’avance : repas sans sel, sans gluten, diabétique, ou à faible teneur en cholestérol.

    6. Gérer intelligemment le décalage horaire

    Le décalage horaire, ou jet lag, affecte tout le monde, mais ses effets sont souvent plus marqués et plus durables chez les voyageurs seniors. La perturbation du rythme circadien peut se traduire par des insomnies, une fatigue intense, des troubles digestifs et une baisse de la concentration pendant plusieurs jours après l’arrivée.

    Quelques stratégies permettent d’en atténuer les effets :

    1. Adapter progressivement ses horaires de sommeil deux à trois jours avant le départ, en décalant légèrement les heures de coucher et de lever selon la direction du voyage
    2. Régler sa montre à l’heure de destination dès le début du vol et adapter ses habitudes de sommeil en conséquence
    3. S’exposer à la lumière naturelle dès l’arrivée pour aider l’horloge biologique à se recaler
    4. Éviter les somnifères puissants, qui peuvent provoquer une immobilité prolongée et augmenter le risque de thrombose
    5. Demander conseil à son médecin concernant la mélatonine, dont l’utilisation peut être envisagée dans certains cas pour faciliter l’endormissement à l’heure locale

    Il est conseillé d’éviter de planifier des activités intenses ou des visites épuisantes dans les 24 premières heures suivant l’arrivée. Laisser son corps récupérer n’est pas du temps perdu.

    7. Préparer ses médicaments et son dossier médical

    Voyager loin de chez soi avec des traitements médicamenteux demande une organisation rigoureuse. La première règle est de toujours transporter ses médicaments dans son bagage cabine, jamais en soute. Les bagages enregistrés peuvent être perdus, retardés ou exposés à des températures extrêmes qui altèrent certains médicaments, notamment les insulines ou les vaccins.

    Voici quelques précautions essentielles à prendre :

    • Emporter une quantité de médicaments supérieure à la durée prévue du voyage, en prévision d’un éventuel retard ou prolongement du séjour
    • Conserver les médicaments dans leurs emballages d’origine avec la notice et l’étiquette de pharmacie pour éviter tout problème aux contrôles douaniers
    • Demander à son médecin une ordonnance rédigée en anglais ou dans la langue du pays de destination pour les médicaments soumis à prescription
    • Préparer un résumé de son dossier médical traduit en anglais, mentionnant les antécédents importants, les allergies et les traitements en cours
    • Vérifier auprès de l’ambassade ou du consulat du pays de destination si certains de vos médicaments sont autorisés, car quelques substances légales en France sont classées comme stupéfiants dans d’autres pays

    Enfin, souscrire une assurance voyage adaptée aux seniors, incluant une couverture rapatriement médical et une prise en charge des frais de santé à l’étranger, est une précaution indispensable. Les frais médicaux dans certains pays comme les États-Unis ou le Japon peuvent atteindre des sommes considérables sans couverture adaptée. Des assureurs comme Mondial Assistance, AXA Travel ou Allianz Travel proposent des formules spécifiquement conçues pour les voyageurs de plus de 60 ans, avec des garanties renforcées pour les pathologies préexistantes.

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    mm

    J'aime capturer la beauté du monde à travers mon objectif. Mes photos parlent d’elles-mêmes, immortalisant les moments uniques de mes voyages. Amateur de paysages époustouflants et d’instants authentiques, je sais transmettre l’émotion de chaque endroit visité.