Fin août, les parasols se rangent, les valises se bouclent et les plages retrouvent leur calme.
Pour ceux qui refusent de dire adieu à l’été trop vite, deux îles italiennes tirent leur épingle du jeu : la Sicile et la Sardaigne.
Toutes deux offrent en septembre et octobre ce que juillet ne peut jamais vraiment promettre : de l’espace, du silence, une mer encore à 24 ou 25 degrés, et des habitants qui ont enfin le temps de vous sourire.
Mais entre ces deux destinations, le choix n’est pas anodin.
Leur caractère, leur relief, leur cuisine et leur ambiance générale sont profondément différents.
Voici ce qu’il faut vraiment savoir avant de réserver.
Pourquoi septembre et octobre sont les meilleurs mois pour visiter ces deux îles
Il y a une vérité que les agences de voyage tardent parfois à dire : l’été en Sicile et en Sardaigne en juillet-août est souvent éprouvant. Les températures dépassent régulièrement les 38 à 40 degrés, les routes sont encombrées, les hébergements affichent complet des mois à l’avance et les prix atteignent des sommets. Les plus belles plages ressemblent à des parkings à serviettes.
Septembre change tout. Les températures descendent à des niveaux bien plus agréables, entre 25 et 30 degrés selon les années, sans jamais perdre cette lumière dorée et rasante propre à la Méditerranée en automne. La mer, elle, a emmagasiné la chaleur de tout l’été et reste parfaitement baignable, souvent jusqu’à la mi-octobre. Les prix des vols et des locations baissent sensiblement, parfois de 30 à 40 % par rapport au pic estival. Et les sites touristiques, qu’il s’agisse de la Vallée des Temples en Sicile ou du Nuraghe Su Nuraxi en Sardaigne, se visitent enfin dans des conditions décentes.
La Sicile en arrière-saison : une île à plusieurs visages
La Sicile est la plus grande île de la mer Méditerranée, avec une superficie de près de 25 000 km². Ce chiffre dit quelque chose d’important : on ne fait pas le tour de la Sicile en trois jours. C’est une destination qui récompense ceux qui prennent le temps de s’y attarder.
Les plages et le littoral sicilien en septembre
Le littoral sicilien est d’une diversité étonnante. À l’ouest, la région de Trapani et les îles Égades proposent des eaux d’un bleu transparent, peu profondes et encore très chaudes en septembre. La plage de San Vito Lo Capo, souvent comparée aux Caraïbes pour la couleur de son eau, est nettement plus accessible qu’en plein été. Au sud, les plages de Scala dei Turchi, avec leurs falaises de marne blanche sculptées par l’érosion, sont tout simplement spectaculaires. À l’est, la côte entre Taormine et Syracuse mêle criques rocheuses et petites plages de sable noir volcanique.
Les îles Éoliennes, accessibles en ferry depuis Milazzo, méritent le détour en septembre. Stromboli, Panarea et Salina sont beaucoup moins bondées qu’en juillet, les tarifs des hébergements baissent et les randonnées nocturnes vers le cratère du Stromboli se font dans de meilleures conditions.
La culture et le patrimoine sicilien
La Sicile porte sur ses épaules des millénaires d’histoire. Grecs, Romains, Arabes, Normands, Espagnols : chaque civilisation a laissé une empreinte visible. La Vallée des Temples d’Agrigente, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est l’un des ensembles de temples grecs les mieux conservés au monde. En septembre, sans la chaleur écrasante de l’été, la visite devient réellement agréable.
Palerme, la capitale, est une ville qui déroute et fascine à la fois. Ses marchés historiques — Ballarò, Vucciria, Capo — sont des spectacles en eux-mêmes, bruyants, colorés, odorants. La Chapelle Palatine et la Cathédrale de Monreale, avec leurs mosaïques byzantines dorées, comptent parmi les plus beaux intérieurs que l’on puisse voir en Italie. Syracuse, quant à elle, possède un centre historique insulaire, Ortigia, d’une beauté architecturale rare, avec ses ruelles en pierre ocre et ses fontaines baroques.
La gastronomie sicilienne
Manger en Sicile est une expérience à part entière. La cuisine sicilienne est l’une des plus riches et des plus originales d’Italie, avec des influences arabes très marquées : utilisation du safran, des raisins secs, des pignons de pin dans des plats salés, goût prononcé pour le sucré-salé. Les arancini, les pâtes aux sardines, le caponata, les granitas et les cannoli sont des incontournables. En septembre, les marchés débordent de figues, de raisins, d’amandes fraîches et de tomates encore gorgées de soleil.
La Sardaigne en arrière-saison : l’île qui protège jalousement ses secrets
La Sardaigne a une réputation bien établie : celle d’avoir les plus belles plages d’Europe. Ce n’est pas totalement exagéré. Mais l’île est aussi beaucoup plus que ça, et c’est précisément ce que l’on découvre quand on y va hors saison.
Les plages et le littoral sarde en septembre-octobre
La Costa Smeralda, dans le nord-est de l’île, est la vitrine la plus connue de la Sardaigne. Ses eaux turquoise et ses plages de granit rose ont attiré les célébrités et les yachts depuis les années 1960. En septembre, les plages de Capriccioli, Liscia Ruja ou Romazzino restent magnifiques, mais sans l’affluence et les tarifs prohibitifs du mois d’août.
Plus au sud, la région du Sulcis et les plages autour de Sant’Antioco et San Pietro sont moins connues mais tout aussi belles. La péninsule du Sinis, avec la plage de Is Arutas et ses grains de quartz blanc, est l’une des plus singulières de toute la Méditerranée. À l’est, le golfe d’Orosei, accessible uniquement par la mer ou à pied, révèle des criques d’une sauvagerie absolue : Cala Goloritzé, Cala Biriola, Cala Mariolu. Ces endroits, classés parmi les plus beaux d’Europe, sont bien plus accessibles en septembre.
L’intérieur de la Sardaigne : une autre île dans l’île
Ce que beaucoup de touristes ignorent, c’est que la Sardaigne possède un arrière-pays montagneux, sauvage et habité par des traditions très anciennes. La région de la Barbagia, dans le centre de l’île, est connue pour abriter plusieurs villages figurant parmi les zones bleues identifiées par le chercheur Dan Buettner, où la longévité humaine est exceptionnellement élevée. Orgosolo, avec ses fresques murales politiques peintes depuis les années 1960, est un village qui mérite une halte.
Les nuraghi, ces tours de pierre construites par la civilisation nuragique entre 1900 et 730 avant J.-C., sont l’une des grandes singularités archéologiques de la Méditerranée. On en dénombre plus de 7 000 sur l’île. Le site de Su Nuraxi di Barumini, classé à l’UNESCO, est le plus impressionnant, mais des dizaines d’autres se visitent sans file d’attente, perdus dans le maquis.
La gastronomie sarde
La cuisine sarde est radicalement différente de la cuisine sicilienne. Ici, c’est une cuisine de bergers et de montagnards, carnée, robuste, avec des produits d’une qualité remarquable. Le porceddu (cochon de lait rôti à la broche), les malloreddus (petites pâtes en forme de coquillages servies avec une sauce à la saucisse), le pecorino sardo et le pain carasau, fin comme du papier, sont les piliers de la table locale. Le vermentino di Gallura et le Cannonau, deux vins sardes, accompagnent parfaitement ces repas.
Sicile ou Sardaigne : comment trancher selon votre profil de voyageur
- Vous aimez l’histoire et le patrimoine culturel : la Sicile s’impose sans hésitation. Son patrimoine archéologique et architectural est d’une richesse exceptionnelle, difficile à égaler.
- Vous cherchez avant tout des plages d’exception : la Sardaigne tient le haut du pavé, avec un littoral dont la beauté est objectivement difficile à surpasser en Europe.
- Vous voyagez sans voiture : la Sicile est plus facile à parcourir en transports en commun, notamment grâce au réseau ferroviaire qui relie les principales villes.
- Vous aimez la randonnée et la nature sauvage : la Sardaigne offre des paysages intérieurs extraordinaires, notamment dans le Supramonte et autour du Gennargentu.
- Vous avez un budget limité : la Sicile est globalement moins chère, aussi bien pour les hébergements que pour la restauration.
- Vous fuyez absolument la foule : les deux îles se vident considérablement en septembre, mais la Sardaigne reste plus préservée dans ses zones reculées.
Informations pratiques pour préparer votre séjour
| Sicile | Sardaigne | |
|---|---|---|
| Température de l’eau en septembre | 24 à 26°C | 23 à 25°C |
| Température de l’air en septembre | 26 à 30°C | 25 à 29°C |
| Accès depuis la France | Vols directs vers Palerme, Catane | Vols directs vers Cagliari, Olbia, Alghero |
| Voiture nécessaire | Recommandée mais pas indispensable | Fortement recommandée |
| Budget moyen par jour | 60 à 100 € selon le confort | 70 à 120 € selon le confort |
Dans les deux cas, réserver les hébergements à l’avance reste conseillé pour septembre, même si la pression est bien moindre qu’en août. En octobre, la marge de manœuvre est encore plus grande, les prix baissent davantage et la météo reste généralement très clémente, même si quelques journées nuageuses peuvent s’inviter.
Ce qui est certain, c’est que ni la Sicile ni la Sardaigne ne déçoivent ceux qui choisissent de les découvrir quand la saison tourne. Ces deux îles semblent même faites pour être vécues à ce moment précis de l’année, quand la lumière change, que les terrasses se libèrent et que la mer garde encore toute sa chaleur accumulée. Le vrai regret serait de ne pas y aller du tout.



