Le Cambodge, pays surtout connu pour ses temples d’Angkor et son histoire douloureuse, cache sur sa façade maritime un trésor que peu de voyageurs ont encore eu la chance de découvrir.

    La côte cambodgienne s’étire sur environ 440 kilomètres le long du golfe de Thaïlande, offrant des paysages qui n’ont rien à envier aux destinations balnéaires voisines comme la Thaïlande ou le Vietnam.

    Des eaux turquoise, des plages de sable blanc, des îles quasi désertes et une atmosphère encore préservée du tourisme de masse : voilà ce qui attend ceux qui prennent la peine de s’y aventurer.

    Si certaines stations comme Sihanoukville ont connu des transformations radicales ces dernières années, d’autres coins de cette côte sont restés intacts, presque secrets, et méritent largement le détour.

    Sihanoukville et ses environs : une réputation à nuancer

    Pendant longtemps, Sihanoukville a été la capitale balnéaire incontestée du Cambodge. Cette ville portuaire a connu une explosion de constructions entre 2016 et 2019, principalement liée à des investissements massifs en provenance de Chine, qui ont profondément modifié son visage. Casinos, hôtels gigantesques et bars à néons ont remplacé les petits guesthouses qui faisaient son charme d’antan. Depuis la fermeture des casinos en ligne décrétée par le gouvernement cambodgien en 2019, la ville tente de se reconstruire une identité touristique plus cohérente.

    Malgré tout, certaines plages aux alentours de Sihanoukville méritent encore l’attention. Otres Beach, située à quelques kilomètres du centre-ville, reste l’une des plus appréciées des voyageurs qui cherchent un peu de calme. Divisée en deux sections, Otres 1 et Otres 2, cette plage offre un sable fin et des eaux relativement calmes. On y trouve des petits restaurants de bord de mer, des hamacs suspendus entre les palmiers et une atmosphère détendue qui tranche avec l’agitation du centre-ville. C’est l’endroit idéal pour passer une journée à ne rien faire, les pieds dans le sable.

    Kep : la station balnéaire de l’ancienne élite khmère

    Kep est une ville à part dans le paysage balnéaire cambodgien. Ancienne station balnéaire prisée par l’élite française durant la période coloniale, puis par la bourgeoisie khmère après l’indépendance, elle porte encore les traces de cette époque dans ses villas abandonnées et ses ruines envahies par la végétation. Les Khmers rouges ont détruit une grande partie de son patrimoine architectural dans les années 1970, laissant derrière eux des fantômes de béton qui donnent à la ville une atmosphère particulière, à la fois mélancolique et attachante.

    La plage de Kep en elle-même est petite, voire modeste comparée à d’autres destinations. Mais ce n’est pas vraiment pour sa plage que l’on vient ici. On vient pour les couchers de soleil sur le golfe de Thaïlande, pour les crabes frais pêchés le matin même et cuisinés au poivre de Kampot, pour les promenades dans le parc national de Kep et pour la sérénité qui se dégage de l’endroit. Le marché aux crabes, installé en bord de mer, est une institution locale où il fait bon s’attarder en fin de journée autour d’un repas simple et savoureux.

    À quelques kilomètres de Kep se trouve Rabbit Island, connue localement sous le nom de Koh Tonsay. Cette petite île accessible en bateau depuis le port de Kep en une vingtaine de minutes offre des plages tranquilles, peu fréquentées et un cadre naturel préservé. L’hébergement y est rudimentaire, les bungalows en bois sont basiques, mais c’est précisément ce côté brut et authentique qui séduit les voyageurs en quête d’une vraie déconnexion.

    Les îles de Koh Kong : l’archipel oublié du Cambodge

    La province de Koh Kong, dans l’extrême ouest du pays, est l’une des régions les moins visitées du Cambodge. Frontalière avec la Thaïlande, elle abrite pourtant des paysages d’une beauté saisissante, entre forêts tropicales denses, mangroves et îles sauvages. L’archipel de Koh Kong comprend plusieurs îles dont certaines sont pratiquement vierges de toute infrastructure touristique.

    Koh Kong Island, la plus grande île de l’archipel, est souvent citée comme l’une des plus belles îles du Cambodge. Ses plages s’étendent sur des kilomètres sans qu’on y croise âme qui vive. Le sable y est d’une blancheur immaculée et les eaux d’un bleu profond. L’accès à l’île reste relativement difficile, ce qui contribue à la préserver du tourisme de masse. Il faut compter environ deux heures de bateau depuis la ville de Koh Kong pour y accéder, selon les conditions météorologiques et le type d’embarcation utilisé.

    La région de Koh Kong est réputée pour ses récifs coralliens encore en bon état, offrant des possibilités de snorkeling et de plongée intéressantes pour les amateurs de vie sous-marine. Les fonds marins de cette partie du golfe de Thaïlande abritent une faune variée, notamment des tortues marines, des raies et de nombreuses espèces de poissons tropicaux.

    L’archipel de Koh Rong : deux îles, deux ambiances

    À environ deux heures de bateau rapide depuis Sihanoukville, Koh Rong et Koh Rong Sanloem constituent les destinations insulaires les plus connues du Cambodge. Ces deux îles, séparées par un étroit chenal, offrent des expériences assez différentes l’une de l’autre.

    Koh Rong est la plus grande et la plus développée des deux. Son village principal, Koh Touch, concentre la majorité des hébergements et des bars. L’ambiance y est festive, parfois comparée à celle de Ko Pha Ngan en Thaïlande dans ses premières années de développement touristique. Mais en s’éloignant du village principal, on découvre des plages d’une beauté stupéfiante, comme Long Beach, qui s’étire sur plusieurs kilomètres de sable blanc bordé d’une jungle dense. La plage de Sok San, sur la côte ouest de l’île, est réputée pour ses eaux calmes et ses couchers de soleil spectaculaires.

    L’un des phénomènes naturels les plus remarquables de Koh Rong est la bioluminescence que l’on peut observer dans certaines baies de l’île par nuit sans lune. Des micro-organismes marins, les dinoflagellés, produisent une lumière bleue et froide lorsqu’ils sont perturbés par le mouvement de l’eau. Se baigner dans cette eau illuminée est une expérience que beaucoup de voyageurs décrivent comme l’un des moments les plus marquants de leur séjour au Cambodge.

    Koh Rong Sanloem, l’île voisine, est plus petite et nettement plus calme. Sa baie principale, Saracen Bay, est considérée comme l’une des plus belles du pays. Les eaux y sont d’un calme absolu, protégées par la forme en croissant de la baie, ce qui en fait un lieu idéal pour la natation et le kayak. L’offre d’hébergement y est plus diversifiée qu’on ne pourrait le penser, allant du bungalow simple aux écolodges plus confortables, en passant par quelques établissements haut de gamme qui ont su s’intégrer dans le paysage sans le dénaturer.

    Kampot et ses plages de rivière : une alternative originale

    Si Kampot n’est pas à proprement parler une destination balnéaire, cette ville coloniale située en bord de rivière mérite une mention particulière dans tout article consacré au tourisme côtier cambodgien. La rivière Kampot, qui se jette dans le golfe de Thaïlande à quelques kilomètres de la ville, offre des paysages aquatiques apaisants et une atmosphère de bout du monde que beaucoup de voyageurs finissent par ne plus vouloir quitter.

    La ville elle-même, avec ses bâtiments coloniaux encore debout, ses petits cafés tenus par des expatriés et ses marchés locaux animés, constitue une base idéale pour explorer la région. Le poivre de Kampot, reconnu par une indication géographique protégée, est l’un des produits les plus réputés du Cambodge et fait l’objet de visites de plantations très appréciées des touristes curieux.

    Conseils pratiques pour visiter les plages cambodgiennes

    • Meilleure période pour visiter : La saison sèche, de novembre à avril, est la période idéale pour profiter des plages cambodgiennes. La mer est calme, le ciel dégagé et les températures agréables, oscillant entre 25 et 33 degrés Celsius.
    • Comment se rendre sur la côte : Depuis Phnom Penh, des bus réguliers desservent Sihanoukville, Kep et Kampot. Le trajet pour Sihanoukville dure environ quatre heures. Des liaisons en bateau rapide existent entre Sihanoukville et les îles de Koh Rong et Koh Rong Sanloem.
    • Monnaie et paiements : Le dollar américain est largement accepté sur toute la côte cambodgienne, en parallèle du riel cambodgien. La plupart des établissements touristiques acceptent les paiements en dollars.
    • Respect de l’environnement : Plusieurs initiatives de protection des récifs coralliens et des plages sont en cours dans la région. Il est recommandé d’éviter les crèmes solaires contenant des substances chimiques nocives pour les coraux et de ne pas laisser de déchets sur les plages.
    • Sécurité : Les plages cambodgiennes sont généralement sûres, mais il est conseillé de se renseigner sur les conditions de baignade avant de s’aventurer dans l’eau, notamment en saison des pluies où les courants peuvent être dangereux.

    Un littoral qui se réinvente

    La côte cambodgienne est à un tournant de son développement touristique. Après les excès de la période de boom immobilier chinois à Sihanoukville, le pays semble vouloir miser sur un tourisme plus durable et plus respectueux de ses ressources naturelles. Les îles encore préservées, les mangroves de Koh Kong, les fonds marins du golfe de Thaïlande : autant de richesses naturelles que le Cambodge a tout intérêt à protéger pour les générations futures.

    Les voyageurs qui choisissent de s’aventurer sur cette côte aujourd’hui ont encore la chance de découvrir des endroits peu fréquentés, des plages sans parasols ni vendeurs ambulants, des couchers de soleil sur une mer calme sans qu’une seule construction vienne gâcher l’horizon. Cette fenêtre d’opportunité ne sera peut-être pas ouverte indéfiniment. Le tourisme balnéaire au Cambodge est en pleine évolution, et ceux qui s’y rendent maintenant font partie d’une génération de voyageurs qui peuvent encore vivre l’expérience d’une côte en grande partie vierge, authentique et d’une beauté qui n’a pas encore été mise en scène pour les photographes de voyage.

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    mm

    J'aime capturer la beauté du monde à travers mon objectif. Mes photos parlent d’elles-mêmes, immortalisant les moments uniques de mes voyages. Amateur de paysages époustouflants et d’instants authentiques, je sais transmettre l’émotion de chaque endroit visité.